Paroles aux acteurs

Le Comité Côte d’Azur remporte la Coupe de la Fédération. Rencontre avec Martial Cottin l’un des entraîneurs.

photo Le Comité Côte d’Azur remporte la Coupe de la Fédération. Rencontre avec Martial Cottin l’un des entraîneurs.

TECH XV : Vous n’avez pas laissé passer la deuxième chance qui vous était offerte.

M. Cottin  : L’an passé, en effet, nous avions perdu la finale de peu face à l’Armagnac-Bigorre. D’où ce désir de revanche avec ce groupe que j’entraîne depuis 5 ans. De la finale perdue il restait 14 joueurs bien décidés à ne pas repartir bredouille. Avec Manu Bouttet et Stéphane Aureille qui entrainent avec moi, nous avons construit une sélection composée en grande partie de joueurs de La Seyne-sur-Mer, le seul club qui évolue en Fédérale 1. Sans oublier des éléments importants venus de deux autres clubs qui fonctionnent en entente : Hyères /Carqueiranne et Saint -Raphaël /Fréjus, ainsi que de Grasse et Six-Fours.

 TECH XV : Comment qualifieriez-vous cette victoire ?

M. Cottin : C’est la victoire de la patience et du travail. Je n’ai pas oublié que lorsque le Comité m’a confié cette équipe nous prenions des raclées mémorables. Plus de 60 points, par exemple, un jour à Millau face à la sélection de Midi-Pyrénées. Et puis petit à petit le groupe a progressé en parvenant à créer une cohésion entre joueurs venus d’horizons différents. Notre succès sur le Comité Côte d’Argent 36 à 3 est le fruit de quelques années de travail.

 TECH XV : Comment se porte le rugby amateur sur la Côte d’Azur ?

M. Cottin : Je rappelle que le Comité repose sur deux départements, le Var et les Alpes Maritimes. Nous avons un seul club en Fédérale 1, La Seyne dont je suis l’entraîneur, trois en Fédérale 2 et quatre en Fédérale 3. Dans ces clubs le rugby se porte bien avec des écoles de rugby très importantes. Un seul chiffre : 30% d’augmentation dans ces écoles en l’espace de trois ans. Cela s’explique par la conjugaison de deux facteurs : l’effet Coupe du Monde et l’effet RCT. Le Rugby Club Toulonnais est une véritable locomotive pour notre région. Et en même temps il délimite une frontière quasiment infranchissable pour nos jeunes formés dans nos clubs. Difficile d’aller rivaliser avec les stars étrangères du RCT.

TECH XV : Quelles conclusions en tirez-vous ?

M. Cottin : Que nous devons faire face à la machine de guerre que constitue le RCT, donner la possibilité à nos joueurs d’évoluer au meilleur niveau amateur, avec dans nos clubs une priorité faite à la qualité de vie et à l’insertion sociale. Par exemple, à La Seyne nous avions décidé qu’en cas de qualification pour les phases finales nous récompenserions les joueurs par un voyage en Irlande. Ça a plus de sens que de donner à chacun une prime de 200 euros. Tout comme aider un joueur à trouver un emploi.

Il nous faudrait de nouveaux clubs en Fédérale 1 pour faire le contrepoids au RCT. La locomotive est indispensable, mais le rugby amateur doit vivre ; c’est une question d’équilibre ! Après je vous dirai que nous aurions bien aimé faire le doublé samedi au Stade de France en remportant le titre chez les amateurs et chez les pros.