Paroles aux acteurs

Joel Jutge répond à Laurent Travers.

On a tous envie -joueurs, entraîneurs, arbitres- que la mêlée redevienne une vraie base de lancement du jeu. Le problème c’est que personne ne veut, ou ne peut, faire les efforts nécessaires. Les arbitres, quant à eux, appliquent les directives de l’IRB. De quoi s’agit-il ? Lorsque les liaisons ou les positions (ou les deux) des piliers sont illicites, l’arbitre doit sanctionner. C’est le règlement que l’instance suprême du rugby nous impose. Parfois c’est difficile de se faire une opinion, je le reconnais ; notamment quand une mêlée avance nettement, tout en commettant une faute (poussée en travers, vers le bas ou vers le haut). Si l’arbitre pénalise l’équipe qui avance, personne n’admettra sa décision, surtout en France. Et pourtant, il y a bien eu faute. En résumé, une mêlée qui avance ne le fait pas forcément dans les règles de l’art. Premier point. Deuxième point, j’observe que les entraîneurs ont des positions très différentes sur le sujet. Certains sont pour des sanctions immédiates et sévères ; d’autres pour des « bras cassés » en guise d’avertissements et enfin pour les derniers, le mieux serait de laisser les choses en l’état. Dernier point, malgré le travail que nous avons effectué au sein de la CCA pour mobiliser nos arbitres sur ce secteur, malgré les réunions avec les entraîneurs pour accorder nos violons, malgré les sonnettes d’alarme qui ont été actionnées par les dirigeants sur les dangers qu’encourt la mêlée, les tricheries continuent. Je n’ai pas, personnellement, constaté de changement dans les comportements des joueurs de première ligne. Donc je réaffirme que le rugby Français va droit dans le mur dans le cadre de son championnat. Le couperet n’est plus très loin. Cela s’appelle la mêlée posée