Paroles aux acteurs

Jean-Frédéric Dubois quitte Massy pour le Stade Français.

TECH XV : Comment expliquez-vous ce changement de dernière minute et comment le vivez-vous ?

JF Dubois : Dans la douleur avec une boule au ventre pendant plusieurs jours. J’avais annoncé sur votre site mon désir de rester à Massy et 48h après je reçois un appel de Gonzalo Quesada m’invitant à le rejoindre au Stade Français. Je venais de refuser des propositions de Colomiers et Agen parce que je voulais absolument rester sur Paris. Mais comment refuser l’opportunité de retrouver le TOP 14 tout en restant à Paris.

TECH XV : A Massy, tout le monde a accepté votre choix sans broncher ?

JF Dubois  : Oui, je peux l’affirmer. A commencer par le président, pour qui il n’était pas raisonnable de refuser une telle proposition. Les joueurs, eux aussi, ont compris la situation même si dans leur regard il y a eu de l’étonnement, très vite remplacé par des félicitations. Mais pour moi, sentimentalement et sportivement, ça a été très difficile à vivre, je peux vous l’assurer. Cela dit c’est le fonctionnement du monde professionnel. Et puis peut-être que c’est mieux comme ça, après trois ans d’une belle aventure dans ce club qui restera toujours cher à mon cœur.

TECH XV : Le passage de relais se fait donc avec Olivier Nier.

JF Dubois : Et c’est ce qui pouvait arriver de mieux à mon équipe. Olivier partage les mêmes valeurs que moi, axées essentiellement sur la formation, les jeunes, une certaine conception du jeu et la priorité faite à “ l’humain“ et à la vie de groupe. Nous allons cette semaine travailler ensemble sur ce passage de témoin afin que l’équipe se retrouve vite sur les rails. Il n’y aura pas eu de rupture ou de situations déstabilisantes dû à mon départ précipité, enfin je l’espère. De plus Olivier Nier est un entraîneur doté d’une grande expérience et je sais que tout sera mis en œuvre pour que Massy remonte en PRO D2 le plus vite possible.

TECH XV : Retrouver le TOP 14 doit être très excitant ?

JF Dubois : Je sais que malgré la pression du résultat cette compétition est passionnante à vivre ; je sais aussi qu’en cas d’échec je serai le premier fusible. Mais j’ai des idées et j’entends bien les faire passer, notamment au plan offensif. En tant que joueur j’ai quitté le TOP 14 en 2007 lorsque je portais les couleurs du Stade Toulousain. Depuis les choses ont bien changé. Les prises d’initiatives sont rares. Les défenses ont pris le pouvoir et les équipes sont désormais abonnées aux trois temps de jeu obligatoires. Il y a, à mon sens, une évolution à enclencher à ce niveau là.