Paroles aux acteurs

Interview de Philippe SAINT ANDRE, séléctionneur du XV de France

photo Interview de Philippe SAINT ANDRE, séléctionneur du XV de France

TECH XV.ORG a rencontré le nouveau patron du XV de France. Le Tournoi qui approche, le choix de ses adjoints, sa méthode de management, son projet de jeu… Philippe Saint André évoque les grands dossiers de l’équipe de France et les pistes qu’il préconise de suivre pour arriver dans les meilleures conditions possibles à l’échéance 2015.

TECHX V.ORG : Que manque-t-il au rugby Français pour gagner une finale de Coupe du Monde après en avoir disputé trois en 24 ans ?
P. SAINT-ANDRE : Il lui manque de la régularité entre deux Coupe du Monde. Il lui faut pour cela rencontrer chaque année en novembre les trois meilleures nations du Sud, celles qui ont remporté toutes les éditions à l’exception de celle de 2003 en Australie enlevée par les Anglais. L’équipe de France ne progressera que si elle arrive à enchaîner victorieusement des rencontres contre ces trois nations. Sur cette dernière édition, le paradoxe, très Français au demeurant, c’est d’être passé tous près, en trois semaines, de l’élimination en poule… et de la victoire en finale.

TECH XV.ORG : En termes d’organisation et de calendrier, vous allez être confronté aux mêmes problèmes que vos prédécesseurs.
P. SAINT-ANDRE : J’en suis bien conscient, même si j’attends beaucoup des Assises du Rugby que la FFR va organiser au tout début de l’année 2012. Toutes les composantes du rugby Français vont se mettre autour d’une table afin d’échanger de manière la plus constructive possible. Cela dit je connais les problématiques du XV de France mais aussi celles des clubs qui évoluent en Top 14. Et par conséquent je sais que les choses ne sont pas faciles.

TECH XV.ORG : Comment peut-on définir la méthode PSA, au plan du jeu comme du management ?
P. SAINT-ANDRE : De la même manière qu’il nous faut plus souvent rencontrer les nations du Sud, nous devons amener nos joueurs vers plus de conservation du ballon, vers plus de jeu, vers plus de séquences qui dépassent régulièrement 1mn30 à 2mn. Notre championnat privilégie le combat et la zone des rucks, c’est une évidence. Mais au plan international, il est impératif de proposer autre chose ; à nous d’être encore plus rigoureux, encore plus précis, encore plus efficace pour tenir le ballon le plus longtemps possible afin de proposer des solutions offensives. Quant au management du groupe, quand celui-ci est composé de joueurs concernés, animés par un état d’esprit positif et respectueux des règles de vie, il n’y a en général aucun problème. Celui qui ne respectera ce fonctionnement s’écartera de lui-même.

TECH XV.ORG : Vos adjoints partagent-ils vos convictions ?
P. SAINT-ANDRE : Absolument ! A-telle enseigne que le jeu que nous allons pratiquer nous allons l’écrire à trois. Patrice Lagisquet comme Yannick Bru sont porteurs de compétences reconnues par tous et notre collaboration s’inscrit parfaitement dans l’évolution que vient de vivre le rugby au cours de ces 20 dernières années. J’ajouterai volontiers que le mélange de nos cultures ne peut être que bénéfique au groupe France : le pays basque, Toulouse et le sud-est pour ce qui me concerne. Toutes ces tendances, ces sensibilités doivent enrichir l’équipe et donc son jeu. Mon rôle consistera donc à faire la synthèse. Et puis bien entendu je vais me rapprocher des entraîneurs de clubs que je vais appeler dès cette semaine avant de leur rendre visite. Je profite de l’occasion pour dire que j’apporte mon soutien aux entraîneurs qui viennent d’être limogés ces dernières semaines. La mission de l’entraîneur réclame du temps, de la patience, une certaine harmonie au sein du club, et qui plus est dans une année Coupe du Monde où les groupes ont été amputés de leurs meilleurs joueurs. Visiblement tout le monde n’en a pas pris conscience.

TECH XV.ORG : Rendez-vous donc le 5 janvier pour une première liste de 30 joueurs.
P. SAINT-ANDRE : Priorité au Tournoi et à ce match face à l’Italie, avec des mondialistes mais aussi du sang neuf et de la fraîcheur, afin de mettre sur pied un groupe cohérent capable dès la première année d’avoir des résultats. Avant de basculer dans l’année Coupe du Monde qui amène à une “configuration club“ avec ces trois mois de préparation, nous avons devant nous trois saisons au cours desquelles nous allons constituer une ossature, un esprit, tout en signant quelques victoires je l’espère.