Paroles aux acteurs

Guy Novès :« La culture Néo Zélandaise a toujours été mon fil conducteur »

TECH XV : Malgré toutes les embûches qui ont jalonné cette saison (Coupe du Monde, blessures à répétition, absence de Yannick Bru, déception en Coupe d’Europe) le Stade est à nouveau champion. Sur quelles forces vous êtes vous appuyés pour contourner ces difficultés et réussir ce challenge ?

Guy Novès  : Sur le fait qu’une avarie ne doit pas faire couler le navire. Depuis toujours, je positive immédiatement le pépin qui me tombe sur le nez. Un mauvais passage ne doit pas remettre en question toute l’histoire d’un club comme le nôtre. Quand il se présente on se resserre sur des valeurs telles que la confiance et la solidarité. C’est pareil en famille. Je crois que les gens ne savent pas assez que la force du Stade Toulousain c’est de fonctionner HUMAINEMENT ! Il y a l’addition indispensable des compétences certes , un domaine sur lequel nous sommes intransigeants, mais il y a aussi l’aspect humain de la gestion au quotidien. Je pense avoir, en 20 ans, façonné beaucoup de collaborateurs -pour ne pas dire tous- à ce fonctionnement, de manière à ce que la « machine de guerre » soit prête le jour « J » à l’heure « H ». Cela a encore marché cette année. 

TECH XV : La qualité du jeu n’était pas au rendez-vous de la finale. Vous avez une explication ?

Guy Novès : Pour ne rien vous cacher, on aurait aimé produire un jeu plus brillant. Les circonstances ne nous l’ont pas permis. Cela dit je ne crois pas qu’il soit nécessaire de changer les règles comme je l’ai entendu ici et là. Je crois plutôt que le niveau technique de nos joueurs stagne depuis plusieurs années et qu’il est donc impératif de remettre l’accent sur la formation. C’est ce que nous avons décidé au Stade Toulousain, en plaçant Philippe Rougé Thomas à la tête d’un système qui doit conduire nos jeunes à partir de l’âge de 11 ans à une préparation technique pour le haut niveau. Que je sache un virtuose du piano fait ses gammes quotidiennes dés 4 ans ...il n’attend pas ses 18 ans pour se mettre au travail. Nous on croit qu’en les envoyant à Marcoussis ils vont revenir plus forts techniquement, mais il est largement trop tard. Quand je voyais Kelleher travailler, ou Mac Allister aujourd’hui , j’ai la confirmation que nous devons nous pencher sur une formation plus pointue, plus tôt. La culture Néo- Zélandaise sera toujours le fil conducteur de mon travail.