Paroles aux acteurs

Gerald Bastide, co-entraîneur de l’équipe de France des moins de 20 ans analyse les chances tricolores face à l’Afrique du Sud.

photo  Gerald Bastide, co-entraîneur de l’équipe de France des moins de 20 ans analyse les chances tricolores face à l’Afrique du Sud.

TECH XV : Où en sont les Bleus avant d’aborder le 3e tour de qualification du Mondial ?

G. Bastide : Le groupe sèchement battu par les Anglais, a tenté de retrouver une cohésion face aux Etats-Unis lors du deuxième match et y est en partie parvenu. Notre objectif était de dégager des aspects positifs de ces deux premières rencontres avant d’affronter les champions du monde en titre. Au vu de la densité physique que vont nous proposer les Sud Africains, il est évident qu’il va falloir leur faire une “ guerilla“ de tous les instants pour récupérer des ballons et très vite tenter de les négocier au mieux offensivement.

TECH XV : Vous voulez dire qu’il y a très peu de solutions face à eux ?

G. Bastide : Assez peu en effet, sauf à parvenir à les faire douter en déstabilisant leur organisation. Ils ont deux petites faiblesses, notamment sur le premier rideau défensif et sur leur perte de balle. Autrement dit, cela nous offre des opportunités en termes de contre attaque. Encore nous faudra-t’il être terriblement réactifs une fois le ballon récupéré. C’est peut être dans le couloir des 15 mètres que peuvent se dessiner des solutions.

TECH XV : La hiérarchie chez les jeunes ressemble étrangement à celles des aînés, c’est votre avis ?

G. Bastide : Sans aucun doute ! Les Néo-Zélandais, les Sud Africains et les Anglais. Les Australiens arrivant de temps en temps à se glisser sur le podium. Mais les Baby-Blacks dominent incontestablement la catégorie. Quant à nos Français ils ont de plus en plus de mal à rivaliser au plan physique avec ces nations. En trois ans le fossé s’est considérablement creusé. 

TECH XV : Comment l’analysez-vous ?

G. Bastide : Le constat c’est que le rugby devient un sport de contact et de défi et presque plus un sport d’évitement. Les Sud-Africains par exemple ont deux critères prioritaires de sélection : la morphologie et la vitesse. Autrement dit au milieu de physiques hors-normes, ils ont 4 ou 5 joueurs “ de poche“ extrêmement rapides capables de se faufiler à travers n’importe quelle défense. Exemple, Gio Aplon (1m75, 76kg) l’ailier Springbok. A nous dans l’avenir de réfléchir en termes de sélection et de détection pour que nos équipes expriment au mieux notre culture, celle du mouvement et de la contre attaque. Mais il faudrait aussi tenter de rattraper notre retard en matière de densité physique.