Paroles aux acteurs

Fabien Pelous, manager des Bleuets dresse le bilan des Championnats du Monde des moins de 20 ans

photo Fabien Pelous, manager des Bleuets dresse le bilan des Championnats du Monde des moins de 20 ans

TECH XV : Avant de parler de l’équipe de France un mot sur la victoire des Anglais en finale.

F. Pelous : C’est la victoire de la patience car depuis la création de la compétition en 2008, ils ont toujours été dans le dernier carré, voire en finale. Ce titre c’est à la fois le fruit d’un long travail dans lequel la formation a joué un rôle important et c’est aussi la logique qui est respectée. En effet avec 5 matchs en 18 jours c’est forcément le plus résistant qui l’emporte et sur cette édition les plus costauds, c’étaient les Anglais. Ils ont été bons et solides mentalement du début jusqu’à la fin. Ils bossent beaucoup en quantité et en qualité. Mieux que nous en tout cas et avec un nombre réduit de joueurs. Quand nous les avons affronté on a mieux rivalisé que pendant le Tournoi mais on en a quand même pris 30.

TECH XV : Les Anglais ont-ils pris de l’avance sur nous selon vous ?

F. Pelous : Les moins de 18 sont champions d’Europe, les moins de 20 champions du Monde et l’écart se creuse. Chez les moins de 20 nous regardons plutôt vers le deuxième niveau que vers le podium. C’est un constat lucide et objectif. Les Anglais forment avant tout leurs jeunes joueurs au plan physique. C’est le critère prioritaire pour quiconque a l’ambition d’atteindre le haut niveau. Là où nous allons recruter un “bon petit joueur“ eux vont privilégier l’explosivité, la puissance, le potentiel physique. Nous devons donc faire travailler nos jeunes au plan physique, c’est une évidence.

TECH XV : Que proposez-vous au niveau de la Formation ?

F. Pelous : Je reste persuadé qu’il faut au plus vite dégager une élite dès les moins de 18, en misant sur un groupe resserré, assez peu perméable et à qui nous allons inculquer les critères du haut niveau. Notre rugby est trop basé sur la “championnite“ et pas assez sur le développement individuel du joueur. Nous nous perdons dans une multitude de compétitions et oublions l’essentiel. Avec plus de 440 milles licenciés, 31 Centres de Formation, des Pôles Espoirs et un Pôle France, nous ne pouvons pas nous contenter d’une 5ème place aux Championnats du Monde. A cela s’ajoute les exigences de notre TOP 14 qui n’intègre, d’après mes calculs, que 20 nouveaux joueurs Français, en moyenne, chaque année, dans l’effectif global qui avoisine les 420 joueurs.

TECH XV : Un dernier mot sur la qualité du jeu produit pas les Bleuets.

F. Pelous : Nos jeunes ont été enthousiastes tout au long de la compétition et ce malgré les défaites contre l’Angleterre et l’Afrique du Sud. Le jeu mis en place était assez simple mais efficace en conquête et pertinent sur l’utilisation de la largeur. Reste un point noir, le manque de précision dans la finition. Souvent nos joueurs ont franchi mais n’ont pas su conclure. Un peu à l’image de leurs aînés en NouvelleenfinZélande. Et puis le paramètre physique que nous avons évoqué précédemment reste incontournable je le répéte.